EXCLUSIF : Les secrets des opérations britanniques dans la guerre en Syrie (partie 2/2)

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Nous poursuivons notre analyse des documents du Foreign Office et de ses contractants au sujet de leurs opérations clandestines en Syrie. À première vue, la lecture de ces dossiers nous indique que Londres cherchait à renforcer ce qu’elle nommait l’« Opposition Armée Modérée » (OAM). Or, nous allons démontrer que, malgré cet alibi, le gouvernement britannique, ses sous-traitants et ses alliés savaient qu’ils soutenaient la nébuleuse djihadiste anti-Assad, notamment via l’Armée Syrienne Libre. Nous révèlerons également qu’en 2014, une officine américaine a réussi à intoxiquer la presse et l’opinion mondiales en faisant croire que Daech et Assad étaient secrètement liés. Enfin, nous exposerons les liens d’au moins deux des contractants du Foreign Office avec des groupes djihadistes syriens, que nous prendrons soin d’identitier. Révélations. 

 

Avant d’entamer la seconde partie de notre enquête sur les fuites des dossiers du Foreign Office et de ses contractants, précisons que plusieurs opérations complexes sont dévoilées dans ces documents. Or, la multiplicité des thèmes à traiter rendrait presque indispensable la publication d’un essai autour de ces révélations. Souhaitant mettre en avant les informations qui nous semblent les plus importantes, nous préférons nous concentrer principalement sur le volet de la guerre psychologique. Si toutefois vous souhaiteriez connaître plus de détails sur ces fuites, nous vous conseillons de lire l’article de notre confrère Ben Norton, qui résume l’ensemble des opérations révélées dans ces dossiers. 

 

InCoStrat, le Foreign Office et l’alibi de l’« Opposition Armée Modérée »

 

Selon les documents que nous avons consultés, l’une des campagnes du Foreign Office avait pour but de saper la crédibilité de l’« État Islamique » et de Bachar el-Assad, notamment par la diffusion massive de la théorie selon laquelle ces belligérants seraient en fait « les deux faces d’une même pièce ». Comme nous le constaterons, cet objectif a été rempli, et il a nécessité la mise en oeuvre d’une habile stratégie pour donner de la crédibilité à cette thèse hautement contestable, qui ne se fondait sur aucune preuve solide à l’époque. Mais avant de l’expliquer, intéressons-nous à l’entreprise qui a mené cette opération, et qui a joué un rôle clé dans la construction du mythe de ce que le Foreign Office appelle en interne l’« Opposition Armée Modérée » (OAM).

 

Sur son site internet, cette entreprise basée à Washington et nommée InCoSrat se présente comme « une équipe socle de praticiens interculturels expérimentés, avec une expertise régionale et linguistique significative au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et de l’Ouest, et en Asie du Sud. Notre équipe élargie se compose de chefs de projets internationaux possédant une vaste expérience au sein des secteurs privés et gouvernementaux dans les domaines de la diplomatie, de la défense et du développement. Dans des zones de conflit et de transition, ou à proximité, ils dirigent et forment des équipes locales spécialisées. » Précisons alors que, d’après le Guardian, InCoStrat a été fondée en novembre 2014 par un ancien lieutenant colonel de l’armée britannique spécialisé dans la « communication stratégique », c’est-à-dire la guerre de l’information.

 

Dans cet article, InCoStrat confirma qu’elle fournissait un « un soutien médiatique et communicationnel à l’opposition syrienne modérée, afin d’aider les Syriens à mieux transmettre la réalité de la guerre et ceux qui y sont impliqués. » Or, nos confrères du Guardian ajoutèrent que le groupe extrémiste Jaysh al-Islam – dont un ex-cadre est écroué en France depuis janvier pour des accusations de torture et de crimes de guerre –, était listé parmi les milices considérées comme « modérées » par la Grande-Bretagne. Ayant d’abord nié toute mention de ce groupe dans ses appels d’offre, les autorités britanniques ont fini par déclarer que « Jaysh al-Islam n’a jamais reçu d’assistance de la part du Ministère de la Défense, du Foreign Office ou de tout sous-traitant travaillant pour le compte [du gouvernement de Sa Majesté]. (…) L’ensemble des bénéficiaires de notre aide sont rigoureusement évalués afin de nous assurer qu’ils ne soient impliqués dans aucune activité extrémiste ou violant les droits humains. » 

 

Profitant d’une formulation ambiguë de ce document du Foreign Office, les autorités britanniques avaient pu nier tout soutien pour Jaysh al-Islam, affirmant qu’elles se contentaient d’appuyer l’« opposition modérée en Syrie » – c’est-à-dire l’Armée Syrienne Libre (ASL). Ce démenti est catégoriquement faux puisqu’en décembre 2012, le fondateur de Jaysh al-Islam devint le responsable des opérations de l’ASL dans le Sud de la Syrie, lors de la création du Conseil Militaire Suprême (CMS) de cette même ASL. En décembre 2013, il décida de retirer sa milice du CMS afin de créer le Front Islamique, qui regroupait alors près de 45 000 combattants majoritairement salafistes.

 

Comme l’avait souligné un confrère du Telegraph à cette époque, « la Grande-Bretagne et ses alliés ont subi un nouveau revers dans leurs tentatives de forger une alliance militaire pro-occidentale pour combattre à la fois le Président Bachar el-Assad et al-Qaïda, et ce à cause de la défection de trois importants [chefs] rebelles. Deux de ces hommes – Ahmed Issa al-Sheikh et [le fondateur de Jaysh al-Islam] Zahran Alloush –, sont les dirigeants du nouveau Front Islamique. Il s’agit d’un groupe représentant des factions islamistes non affiliées à al-Qaïda, et qui inclut des extrémistes voulant imposer un État régi par la charia [, ce que souhaitait le chef de Jaysh al-Islam]. Ils ont publié un document indiquant qu’ils ne faisaient plus partie du Conseil Militaire Suprême de l’Armée Syrienne Libre, l’aile militaire de la Coalition Nationale Syrienne soutenue par l’Occident », et notamment par la Grande-Bretagne.  

 

Pour cette raison, et pour celles invoquées dans la première partie de notre enquête, toute affirmation des autorités britanniques et de leurs alliés occidentaux visant à nous faire croire qu’ils n’ont soutenu que des milices modérées est indiscutablement fausse. Et comme nous allons le constater ultérieurement, des contractants du Foreign Office ont joué un rôle clé dans la pérennisation de ce mensonge d’État. Mais avant de développer cet argumentaire, intéressons-nous au document d’InCoStrat évoqué précédemment, sachant qu’il nous a permis de faire une découverte majeure sur une « infox » mondialement répandue.  

 

« Assad et Daech sont les deux faces d’une même pièce » : comment InCoStrat a renforcé et popularisé une fausse information

 

Dans les fuites que nous avons étudiées figure un dossier de candidature d’InCoStrat à l’un des appels d’offres du Foreign Office, qui vise notamment à soutenir l’ASL à travers des opérations psychologiques. En préambule de ce document, il est précisé que « les directeurs d’InCoStrat ont démontré avec succès deux approches innovantes du développement conceptuel et de la réalisation de l’activité StratCom [, ce qui signifie la guerre psychologique]. En plus d’utiliser les médias traditionnels et sociaux comme canaux de communication, nous employons une technologie innovante avec des mécanismes de distribution plus larges afin d’étendre notre portée à des publics auparavant inaccessibles. » Ils explicitent alors ces deux approches, qui sont en fait des techniques de manipulation médiatique : « a) Campagne de guérilla : utilisez les médias pour créer l’événement ; b) Tactiques de guérilla : lancez un événement pour créer l’effet multimédia. »

 

Comme exemple de « campagne de guérilla », ils citent leurs opérations psychologiques lors de la conférence de Genève 2 sur la Syrie, organisée en janvier 2014. Comme ils le soulignent dans ce document, « nous avons exploité la [forte] concentration de journalistes pour mettre la pression sur le régime ». Dans cet objectif, les spécialistes d’InCoStrat ont notamment soutenu la théorie contestable voulant qu’Assad et Daech seraient « les deux faces d’une même pièce. Cette campagne de guérilla a alimenté le débat naissant sur la relation entre le régime et l’État Islamique, attirant une attention particulière sur les crimes contre l’humanité », selon InCoStrat. Ils ont ainsi « produit des cartes postales, des affiches et du contenu médiatique pour dessiner des parallèles comportementaux entre le régime et Daech, jouant sur la croyance communément admise selon laquelle une relation latente existait entre les deux ». En d’autres termes, InCoStrat a consciemment alimenté et diffusé ce qui, en l’absence de preuves solides, s’apparentait à une « croyance », pour ne pas dire une théorie complotiste.

 

Dans cet objectif, ils ont « fourni un porte-parole syrien crédible parlant arabe et anglais pour orienter les médias [sur cette piste]. Les principaux organes de presse, comme Al-Jazeera America et The National, ont publié nos affiches. Nous avons mené des entretiens avec un large éventail de journaux de premier plan et de grandes chaînes d’information internationales et syriennes, parmi lesquelles le Times, le Guardian, CNN, le New York Times, le Washington Post, Buzzfeed, Al-Jazeera, Suriya Al-Sham et Orient. » Ainsi, bien que cette thèse d’une collusion secrète entre Assad et Daech ne se basait sur aucune preuve sérieuse, elle a été reprise par de nombreux médias internationaux. En plus de son rôle central dans la construction du mythe de l’« Opposition Armée Modérée », InCoStrat a opéré décisivement pour enraciner cette « croyance » dans la conscience collective internationale, allant jusqu’à créer et diffuser d’orwelliennes affiches de propagande :

 

 

« Assad et Daech sont les deux faces d’une même pièce » : pourquoi cette thèse est discréditée 

 

Chercheurs réputés, Max Abrahms et John Glaser cosignèrent un article à la fin 2017 pour dénoncer le fait que la plupart « des analystes de premier plan sur la question syrienne [avaient] proclamé qu’Assad soutenait l’État Islamique. Sur CNN, Michael Weiss a continuellement affirmé qu’Assad et (…) Poutine ne combattraient pas Daech, et que la Syrie et la Russie étaient la “force aérienne officieuse” de cette organisation ». Abrahms et Glaser rappelèrent également qu’« Hassan Hassan, un coauteur [de Michael Weiss], avait affirmé [en septembre 2015] que le régime syrien devait tomber car Bachar el-Assad n’avait jamais combattu [l’État Islamique] auparavant », une thèse catégoriquement démentie par de nombreux faits documentés en 2013, 2014 et 2015. Entre avril 2016 et mars 2017, IHS Markit démontra même que les forces gouvernementales syriennes étaient le « principal adversaire » de Daech.

 

Dans les médias français, les mêmes arguments que Weiss et Hassan ont été ressassés par de nombreux experts, faiseurs d’opinion et politiciens aux heures de grande écoute. Or, les forces loyalistes et leurs alliés ne pouvaient pas combattre Daech sur tous les fronts. En effet, le Guardian souligna qu’à l’automne 2015, l’« épuisement, les désertions et les pertes humaines avaient lourdement affecté l’armée syrienne, dont on estimait qu’elle était ainsi passée de 300 000 à 80 000 éléments. » En outre, comme l’a expliqué le spécialiste Fabrice Balanche au Figaro, « Damas a élaboré dès le début du conflit une stratégie de contre-insurrection qui consiste d’abord à se replier sur les villes les plus sûres, à protéger les axes de communication et à abandonner les territoires acquis [à la rébellion]. Expurgée de ses éléments les moins fiables, l’armée [pouvait] ensuite lancer l’offensive en espérant que les populations locales se seraient entre-temps lassées des rebelles », une stratégie certes cynique, mais qui fonctionna.

 

Dans les pays occidentaux, cette réalité fut soit incomprise, soit opportunément refoulée par de nombreux dirigeants et observateurs, certains d’entre eux décrivant Assad et Daech comme « les deux faces d’une même pièce », à l’instar d’InCoStrat. Selon Abrahms et Glaser, cette vision du conflit ressemble à « celle qui avait été concoctée pour [prendre] Bagdad en 2003 : les interventionnistes ont joué sur les peurs [occidentales] en prétendant que les hommes forts [d’Irak et de Syrie] étaient en lien direct avec les djihadistes salafistes – le mouvement ultraconservateur au sein de l’Islam sunnite. Or, les preuves d’un soutien occulte de l’État Islamique par Assad étaient aussi solides que celles qui appuyaient la thèse selon laquelle Saddam Hussein abritait al-Qaïda. » Fondée sur une inversion accusatoire, l’idée qu’Assad et Daech étaient secrètement liés reste présente dans un grand nombre d’analyses sur ce conflit. Or, rappelons qu’al-Baghdadi n’a pas été liquidé par l’armée américaine à Damas, mais à Idleb – une province considérée par l’ex-responsable de la coalition anti-Daech du Pentagone comme « le plus vaste refuge d’al-Qaïda depuis le 11-Septembre ».

 

Certes, Bachar el-Assad et ses alliés ont commis des crimes amplement documentés et totalement condamnables. Néanmoins, accuser l’État syrien de collusion avec une milice terroriste qui risquait de prendre Damas à partir de l’été 2015 nécessite des preuves abondantes et solides, pas des hypothèses, des déductions et des « croyances ». Au final, le succès de cette « campagne de guerrilla » médiatique menée par InCoStrat montre à quel point la presse internationale est perméable aux infox des spécialistes de la guerre de l’information.

 

Les liens des contractants du Foreign Office avec la nébuleuse djihadiste anti-Assad  

 

Nous conclurons notre analyse en exposant la vraie nature de l’« Opposition Armée Modérée » grâce aux documents d’InCoStrat et d’Albany, un autre contractant du Foreign Office. En effet, dans leurs candidatures aux appels d’offre de cette institution, ces deux firmes ont laissé transparaître leurs liens avec la nébuleuse djihadiste anti-Assad. Contrairement à InCoStrat, qui est prudente dans sa manière de communiquer avec les autorités britanniques, l’équipe d’Albany se montra nettement plus directe, affirmant qu’elle avait recruté un agent de liaison chargé d’assurer les relations avec plusieurs groupes djihadistes de premier plan.

 

Dans l’un des documents qu’elle a transmis au Foreign Office durant un appel d’offre en 2017, elle expliqua en effet que, « pour faciliter l’accès crédible [aux rebelles], maximiser la flexibilité et assurer la résonance du projet, Albany a l’intention d’embaucher un membre de notre personnel syrien, M. Ammar Kourany, qui a fait ses preuves dans la gestion des relations avec les groupes armés dans le contexte de la stabilisation, du développement et de la programmation humanitaire. Ce responsable des liaisons avec l’OAM a une profonde crédibilité auprès de groupes clés, notamment (au nord) Faylaq al-Sham, Jabhat al-Shamiyah, Jaysh Idleb al-Hur, Ahrar al-Sham, (au centre) Jaysh al-Islam, Faylaq al-Rahman et (au sud) Jaysh al-Tahrir (…) Le responsable de la mission fournira un canal pour le soutien du consortium dans le développement des compétences et des stratégies de communication appropriées pour chaque groupe, avec l’appui technique d’Albany, M&C Saatchi et ORB. »  

 

Hélas, ces milices sont presque toutes notoirement djihadistes. En effet, Faylaq al-Sham est une alliance de factions islamistes fondée en mars 2014, et initialement proche des Frères Musulmans. En mars 2015, elle rejoignit l’Armée de la Conquête, une coalition dominée par al-Qaïda et Ahrar al-Sham, dans le cadre de leur offensive victorieuse d’Idleb. Elle est toutefois désignée comme une faction « modérée » par la CIA, ce qui lui a permis de recevoir des missiles TOW entre 2014 et 2016. Autrement appelée le Front du Levant, la Jabhat al-Shamiyah est une organisation formée en décembre 2014 et classée comme terroriste en septembre 2018 par la Justice néerlandaise, bien que la Hollande avait clandestinement soutenu cette milice. Quant à Ahrar al-Sham, il s’agit de l’une des principales coalitions de groupes djihadistes dans la guerre en Syrie, sachant qu’elle a pour objectif d’y imposer un « État islamique » régi par la charia. Jusqu’en 2016, cette organisation avait mené de nombreuses opérations avec la branche d’al-Qaïda en Syrie. Enfin, l’extrémisme de Jaysh al-Islam est largement documenté, comme nous l’avons précisé dans la première partie de cette enquête. 

 

Pour celles et ceux qui en doutaient encore, la modération des forces rebelles soutenues par Londres et ses alliés est toute relative. Il n’est donc pas surprenant qu’un autre contractant du Foreign Office ait essayé, dès novembre 2012, d’« adoucir l’image de l’ASL » :

 

 

En ce qui concerne InCoStrat, ses liens avec la nébuleuse djihadiste locale sont moins explicites, puisque qu’elle s’est contentée de faire de vagues références à l’ASL dans ses communications avec la diplomatie britannique. Or, ses reporters coopéraient avec des milices extrémistes, ce qui est affirmé dans l’un de ses documents. Répondant à un appel d’offre du Foreign Office, InCoStrat expliqua qu’elle emploie « plus de 120 journalistes travaillant en Syrie, et cinq autres porte-parole officiels qui apparaissent plusieurs fois par semaine à la télévision internationale et régionale. Nos journalistes ont eu accès à divers groupes, dont le Front al-Nosra, avec qui ils ont mené des entretiens. » Si l’on ignore qui sont ces « divers groupes », cette évocation d’interviews entre des reporters d’InCoStrat et ce qui était alors la branche d’al-Qaïda en Syrie est loin d’être un détail anodin.  

 

En fait, l’enracinement de ces journalistes dans les réseaux de l’Armée Syrienne Libre ne doit pas nous faire oublier les liens étroits de l’ASL avec al-Nosra. Selon William Van Wagenen, « les groupes rebelles syriens estampillés “ASL” et soutenus par [les puissances occidentales] ont constamment collaboré et combattu aux côtés de l’affilié syrien d’al-Qaïda, le Front al-Nosra, et avec d’autres groupes salafo-djihadistes, à savoir Ahrar al-Sham, Jaysh al-Islam, et parfois même l’État Islamique. (…) Dans de nombreux cas, les offensives de l’ASL contre les bases militaires ou les points de contrôle du gouvernement syrien ont commencé par des attentats-suicides (…) commis par des militants d’al-Nosra. (…) Évidemment, il y a eu des accrochages entre certaines brigades de l’ASL et [la branche d’al-Qaïda en Syrie], mais le schéma général était celui de la collaboration entre ces deux entités. » Soulignons alors que, dans l’un de ses documents transmis au Foreign Office, InCoStrat rappelle que ses membres ont soutenu, depuis octobre 2013, « des programmes de communication en Syrie (…) en faveur de l’Armée Syrienne Libre ».

 

Durant cette période, le Front al-Nosra et l’ASL ont étroitement coopéré à DeraaAlep, Idleb, et Lattaquié. Or, en lisant ce document d’InCoStrat transmis au Foreign Office, cette firme vantait ses liens avec l’ASL à Deraa, Alep, Idleb et Lattaquié – soit dans les quatre zones où cette même ASL et al-Nosra entretenaient des relations étroites. Logiquement, InCoStrat s’est abstenue de décrire cette gênante réalité dans les documents que nous avons lus. Or, l’accès de ses reporters à des membres du Front al-Nosra, et les zones dans lesquelles ses équipes ont appuyé l’ASL trahissent ce contexte. En d’autres termes, sous les artifices orwelliens de la « communication stratégique » se cache une réalité bien peu reluisante, que Londres et ses alliés occidentaux ont grand intérêt à maquiller. Pas sûr qu’ils n’y parviennent éternellement.  

 

Maxime Chaix 

 

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