SARS-CoV-2 : Pourquoi l’hypothèse d’une fuite de labo reste crédible 

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Au début du mois d’avril, nous écrivions que l’hypothèse d’une fuite accidentelle d’un coronavirus naturel depuis un labo chinois n’était pas à exclure, alors qu’aucun média francophone n’abordait ce sujet. Nous avions alors pris soin de préciser que l’on ne pouvait le déterminer avec certitude, mais qu’un certain nombre de virologues et nos propres sources considéraient ce scénario comme crédible. À l’époque, quelques détracteurs nous avaient insultés de « complotistes », sans que l’on ne comprenne en quoi les arguments de chercheurs mondialement réputés constituaient une « théorie de la conspiration ». Or, ces dernières semaines, plusieurs scientifiques français ont confirmé la crédibilité de cette hypothèse d’une fuite de labo. Sachant que la découverte des origines de ce virus est primordiale pour empêcher d’autres catastrophes sanitaires, nous allons étudier les arguments de ces spécialistes, en précisant à nouveau qu’il s’agit d’un simple scénario, et non d’une certitude.

 

Pourquoi l’hypothèse d’une fuite de labo reste crédible 

 

Le 3 avril dernier, nous écrivions que « nos sources bien informées se [posaient] de sérieuses questions sur l’origine de la pandémie de SARS-CoV-2. Si elles excluent qu’il s’agisse d’une attaque bactériologique, elles soupçonnent la fuite accidentelle d’un coronavirus naturel étudié à des fins médicales dans l’un des laboratoires de Wuhan (…) Nous avons donc reproduit leurs témoignages, sachant que le Washington Post vient de confirmer la pertinence de cette hypothèse avec des arguments qui nous paraissent solides. Alors que nous avions déjà souligné les failles de sécurité des laboratoires de virologie aux États-Unis, [cette] enquête sur le système chinois n’est pas non plus rassurante. De quoi nous faire réfléchir sur la nécessité de sécuriser davantage de tels labos, y compris en France. »

 

À l’époque, l’article du Washington Post évoqué ci-dessus n’avait pas été repris dans la presse française, qui ne s’est intéressée à cette question qu’un mois plus tard, lorsque l’administration Trump s’est mise à accuser sans preuve l’Institut de Virologie de Wuhan d’être à l’origine de la pandémie. Après la publication de notre article au début du mois d’avril, une poignée d’internautes nous avaient affublés du qualificatif peu gratifiant de « complotistes ». Or, ils n’avaient même pas pris la peine de lire notre article, qui était réservé à nos abonnés, se contentant d’affirmer sur un ton péremptoire que le scénario d’une transmission naturelle de la chauve-souris vers l’homme via un hôte intermédiaire faisait consensus au sein de la communauté scientifique, ce qui est faux. Durant cette période, il était généralement affirmé que le pangolin était l’espèce qui avait rendu possible ce transfert du SARS-CoV-2 vers l’être humain. Or, dans une récente interview, le microbiologiste du CNRS Étienne Decroly souligne que cet animal n’était probablement pas l’hôte intermédiaire que l’on pensait. 

 

Directeur de recherches au laboratoire Architecture et fonctions des macromolécules biologiques (CNRS/Aix-Marseille Université), ce membre de la Société française de virologie rappelle en effet que le « SARS-CoV-2 aurait (…) pu résulter de recombinaisons multiples entre différents CoV circulant chez le pangolin et la chauve-souris, ce qui aurait conduit à une adaptation ayant rendu possible la transmission du virus à l’humain. La pandémie de Covid-19 proviendrait secondairement du contact avec l’hôte intermédiaire, éventuellement vendu sur le marché de Wuhan. Cette hypothèse pose cependant de nombreux problèmes. Tout d’abord à cause de la géographie : les échantillons viraux de chauves-souris ont été recueillis dans le Yunnan, à près de 1 500 km de Wuhan où a éclaté la pandémie ». 

 

Ancienne doctorante à l’université de Montpellier, Shi Zhengli est l’une des plus éminentes spécialistes des coronavirus de chauve-souris, raison pour laquelle elle est surnommée « Batwoman ». Le 30 décembre dernier, elle fut convoquée d’urgence à l’Institut de Virologie de Wuhan afin d’enquêter sur le nouveau coronavirus, qui se répandait dangereusement dans cette métropole chinoise. Craignant une fuite depuis son institut, elle en perdit le sommeil pendant plusieurs jours, reconnaissant qu’elle était obsédée par cette hypothèse. Comme elle l’expliqua, « “je me demandais si [l’autorité sanitaire municipale] ne s’était pas trompée. Je n’avais jamais imaginé que ce genre de choses se produise à Wuhan, dans le centre de la Chine.” Ses études ont [en effet] démontré que les régions subtropicales méridionales du Guangdong, du Guangxi et du Yunnan [situées à des centaines de kilomètres de Wuhan] présentent le plus grand risque que les coronavirus se transmettent aux humains par le biais des animaux, en particulier les chauves-souris. (…) Si les coronavirus étaient le coupable, elle se souvient avoir pensé : “auraient-ils pu provenir de notre laboratoire ?” »

 

Or, à l’issue de ses premières investigations sur le SARS-CoV-2, elle avait exclu un accident de labo. À l’époque, son démenti n’avait pas convaincu les services secrets britanniques, d’importants ministres du cabinet de Boris Johnson, et la communauté américaine du Renseignement. Bien que de telles sources, pour des raisons politiques évidentes, peuvent être considérées comme manquant de neutralité, il est difficile de soupçonner Étienne Decroly et certains de ses plus éminents confrères d’intentions manipulatrices. D’après ce microbiologiste du CNRS, l’autre raison du manque de crédibilité de la thèse du manidé en tant qu’hôte intermédiaire du SARS-CoV-2 est « écologique : chauves-souris et pangolins évoluent dans des écosystèmes différents et on se demande à quelle occasion leurs virus auraient pu se recombiner. Et surtout, on note que le taux d’identité entre les séquences de SARS-CoV-2 et celles issues du pangolin n’atteint que 90,3 %, ce qui est bien inférieur aux taux habituellement observés entre les souches infectant l’humain et celles infectant l’hôte intermédiaire. »

 

Dans ce même article, ce virologue souligne que l’« on ne peut éliminer cette hypothèse [d’une fuite d’un labo à Wuhan], dans la mesure où le SARS-CoV qui a émergé en 2003 est sorti au moins quatre fois de laboratoires lors d’expérimentations. Par ailleurs, il faut savoir que les coronavirus étaient largement étudiés dans les laboratoires proches de la zone d’émergence du SARS-CoV-2, qui désiraient entre autres comprendre les mécanismes de franchissement de la barrière d’espèce. Toutefois, pour l’instant, les analyses fondées sur la phylogénie des génomes complets de virus ne permettent pas de conclure définitivement quant à l’origine évolutive du SARS-CoV-2. » Il évoque alors trois scenarii crédibles :

 

1) la zoonose due au franchissement naturel de la barrière des espèces par ce virus, ce qui n’est toujours pas confirmé ;

 

2) la potentielle émergence « d’un coronavirus différent du SARS-CoV ou du MERS-CoV, qui se serait adapté à l’humain il y a déjà plusieurs années, qui aurait circulé jusqu’ici à bas bruit, et qu’une mutation récente aurait rendu plus transmissible d’homme à homme » ;

 

3) la possibilité que le « SARS-CoV-2 descende d’un virus de chauves-souris isolé par les scientifiques lors des collectes de virus, et qui se serait adapté à d’autres espèces au cours d’études sur des modèles animaux en laboratoire ; laboratoire dont il se serait ensuite échappé accidentellement. »

 

Dans ce dernier cas, un confrère de FranceTVInfo.fr vient de souligner – en interrogeant plusieurs spécialistes français –, que le scénario d’une fuite depuis les labos de Shi Zenghli est bel et bien crédible, ce que nous avions expliqué huit mois plus tôt. En revanche, les financements d’agences fédérales américaines en faveur des recherches de Shi Zenghli n’ont pas été rappelées dans cet article, à l’instar du fiasco de la coopération franco-chinoise sur la question du laboratoire P4 de Wuhan. 

 

Les déboires de Paris et de Washington dans le système chinois de virologie 

 

Comme l’a rapporté l’Associated Press en avril dernier, « les États-Unis accordaient un financement au laboratoire de Wuhan pour ses recherches sur les coronavirus, a déclaré [l’ex-directeur adjoint de la CIA] Michael Morell (…) Selon lui, les câbles du Département d’État [révélés par le Washington Post] indiquent que, chez les responsables américains, il y a eu des inquiétudes concernant les protocoles de sécurité dans ce laboratoire [P4 en 2018]. Si le virus s’est échappé d’un labo chinois, cela aurait non seulement un impact négatif sur la Chine mais aussi sur les États-Unis, en ce qu’ils ont financé des recherches dans un laboratoire ayant des problèmes de sécurité, déclara Morell (…) “Par conséquent, si ce virus s’est échappé [d’un labo de Wuhan], nous sommes tous dans le même bateau”, selon lui. “Ce n’est pas un piège uniquement pour la Chine. C’est un piège pour nous aussi”. »

 

En cas de confirmation d’un tel scénario, la France serait également plongée dans l’embarras, sachant qu’elle avait vendu et co-construit ce laboratoire P4 dont elle aurait perdu le contrôle, si l’on en croit nos confères de la cellule investigation de Radio France. Or, ces derniers nous rappellent que, « dès le début, un doute s’installe sur sa fiabilité. Selon le Washington Post, en janvier 2018, des membres de l’ambassade américaine visitent les locaux et alertent Washington de l’insuffisance des mesures de sécurité prises dans un lieu où l’on étudie les coronavirus issus de chauves-souris. Autre déconvenue : la coopération franco-chinoise espérée entre le P4 Jean Mérieux-INSERM de Lyon Bron et celui de Wuhan ne démarrera jamais vraiment. Alain Mérieux lui-même le confirme à la cellule investigation de Radio France : “On peut dire sans dévoiler un secret d’État que, depuis 2016, il n’y a pas eu de réunion du Comité franco-chinois sur les maladies infectieuses”, reconnaît-il. » Encore une fois, rien ne prouve que le SARS-CoV-2 se soit échappé de ce labo. Néanmoins, ces failles de sécurité précoces et la perte de contrôle de ce complexe par la France nous avaient conduit à dénoncer un scandale d’États en avril dernier, au vu des graves lacunes franco-américaines dans la supervision de ces recherches.

 

L’extrême dangerosité des expériences de « gain de fonction »

 

Dans l’interview d’Étienne Decroly sur le site du CNRS, on lui demande si le fait d’évoquer l’hypothèse d’une fuite de labo ne conforterait pas les discours complotistes sur l’actuelle pandémie de coronavirus. Un argument que ce microbiologiste rejette catégoriquement : « Étudier l’origine du SARS-CoV-2 est une démarche scientifique qui ne peut être assimilée à une thèse complotiste. De plus, j’insiste sur le fait que, tant qu’on n’aura pas trouvé l’hôte intermédiaire, cette hypothèse d’un échappement accidentel ne peut être écartée par la communauté scientifique. À ce jour, les études scientifiques n’ont apporté aucun élément définitif qui démontrerait cette hypothèse ; il n’en demeure pas moins que des analyses plus approfondies sont nécessaires pour trancher. La question de l’origine naturelle ou synthétique du SARS-CoV-2 ne doit pas dépendre d’un agenda politique ou de logiques de communication. Elle mérite d’être examinée à la lumière des données scientifiques à notre disposition. » 

 

Tout en soulignant l’invalidité scientifique de la thèse sulfureuse du professeur Guy Montagnier, il observe néanmoins que « la 4ème insertion [, dans le nouveau coronavirus, “de courtes séquences que l’on ne retrouve pas chez les CoV humains les plus proches génétiquement”] fait apparaître un site de protéolyse furine chez le SARS-CoV-2 absente dans le reste de la famille des SARS-CoV. On ne peut donc pas exclure que cette insertion résulte d’expériences visant à permettre à un virus animal de passer la barrière d’espèce vers l’humain dans la mesure où il est bien connu que ce type d’insertion joue un rôle clé dans la propagation de nombreux virus dans l’espèce humaine. » Toujours selon le professeur Étienne Decroly, « que ce virus soit ou non d’origine naturelle, le fait même que la question puisse désormais être sérieusement posée nous contraint à une réflexion critique sur les outils et les méthodes de reconstruction de virus actuellement à l’œuvre dans les laboratoires de recherche, et sur leur usage potentiel dans des expériences de “gain de fonction”. »

 

Or, dès le 18 mars, nous avions alerté nos lecteurs sur le fait que l’actuelle pandémie « devrait nous faire réfléchir sur l’extrême dangerosité des travaux dits de “gain de fonction”, soit les recherches bactériologiques qui visent à amplifier la létalité et/ou la contagiosité des virus. En octobre 2014, le gouvernement des États-Unis avait imposé un moratoire sur ces expérimentations, qui ne fut levé qu’en décembre 2017. Comme l’avait rapporté Ouest France en 2017, “ces expériences, qui viennent d’être à nouveau autorisées, sont connues sous le nom de “gain de fonction”. Elles consistent à modifier des virus existants pour les rendre plus contagieux et plus dangereux pour la santé, dans le but d’évaluer les risques qui y sont liés. (…) Les risques liés à ces recherches divisent les chercheurs. Certains scientifiques craignent qu’un virus génétiquement modifié à haut risque sanitaire ne s’échappe d’un laboratoire, et contamine la population. Ce sont ces craintes qui avaient poussé [les National Institutes of Health] à cesser le financement de ce type de recherches en 2014” ».

 

Malgré ce moratoire, Shi Zenghli et ses confrères de l’Institut de Virologie de Wuhan ont réussi à rendre un coronavirus de chauve-souris transmissible aux humains l’année suivante, alors que ce labo disposait de financements américains grâce au programme PREDICT. Selon nos confrères de Newsweek, « ces cinq dernières années, les chercheurs de l’Institut de Virologie de Wuhan se sont engagés dans des recherches de “gain de fonction”, qui visent à améliorer certaines propriétés des virus dans le but d’anticiper les futures pandémies. Des techniques de “gain de fonction” ont été utilisées pour transformer les virus en agents pathogènes humains capables de provoquer une pandémie mondiale. Il ne s’agit pas d’un programme secret néfaste dans un bunker militaire souterrain. Le laboratoire de Wuhan a été en partie subventionné (…) dans le cadre d’un programme décennal et mondial de 200 millions de dollars appelé PREDICT, qui est financé par l’USAID et par d’autres pays. »

 

En clair, bien que les États-Unis avaient imposé un moratoire sur les recherches de « gain de fonction » en 2014, l’équipe de Shi Zenghli continua de percevoir des fonds américains pendant cinq ans afin de mener de telles expériences. Hélas, cette problématique ne concerne pas uniquement ce labo, puisqu’« au moment où le National Institute of Health a levé le moratoire, en 2017, il avait accordé des dizaines d’exceptions. Le programme PREDICT, lancé en 2009, a dépensé 200 millions de dollars sur 10 ans, employant des virologues du monde entier pour rechercher des nouveaux virus et soutenir des expériences de gain de fonction. Ce programme a manqué de financements en 2019, mais il a ensuite été prolongé. » Or, la communauté scientifique est fortement divisée sur le rapport bénéfice/risque de ces recherches de « gain de fonction ».

 

L’opacité de Pékin freine la recherche et alimente le complotisme 

 

Dans un article publié en août, le professeur Decroly et ses confrères nous ont décrit les dangers de ces expériences, à nouveau soulignés par ce microbiologiste lors de sa récente interview avec le CNRS. Dans cet entretien, il explique pourquoi l’« on ne peut pas exclure que cette insertion de [protéolyse furine] chez le SARS-CoV-2 résulte d’expériences visant à permettre à un virus animal de passer la barrière d’espèce vers l’humain ». Or, il reste dans le domaine de l’hypothèse, et il n’affirme aucunement que l’Institut de Virologie de Wuhan – ou tout autre labo de cette ville –, soient à l’origine d’une fuite accidentelle de ce coronavirus. Hélas, comme l’a souligné notre confrère Benoît Zagdoun, « les doutes des chercheurs sont alimentés par le vide et l’opacité. “Il y a beaucoup de publications sur la maladie, mais sur son origine, il n’y a pas beaucoup d’efforts. Onze mois après le début officiel de l’épidémie, on est obligé de se poser des questions”, constate [le chercheur] Alexandre Hassanin. Étienne Decroly lui aussi se dit “étonné que, face aux puissances énormes de séquençage dont on dispose actuellement, on n’ait pas avancé davantage sur cette question depuis des mois”. »

 

Dans ce même article, l’écologue et biologiste Serge Morand estime que « les chercheurs de l’Institut de Virologie de Wuhan “ont créé toutes les conditions pour faire naître des théories conspirationnistes” », se déclarant « “très sceptique sur le fait que la mission de l’OMS ait accès à ce qu’il y avait dans les frigos et dans les cahiers” des laboratoires de Wuhan. » Sachant que nous avions dénoncé le manque de transparence des autorités chinoises sur cette question dès avril, nous ne pouvons que regretter le fait que cette tendance persiste – ce qui met en péril les recherches sur les origines du SARS-CoV-2. Logiquement, cette opacité favorise l’émergence et la diffusion de théories fantaisistes, ce qui peut dissuader les journalistes et les scientifiques d’aborder ce sujet essentiel de peur d’être insultés de « complotistes ». Ce climat délétère fut aggravé par les accusations sans preuves de l’administration Trump, qui ont déclenché une véritable guerre de propagande entre la Chine et les États-Unis.

 

Indépendamment de cette rivalité sino-américaine, nous estimons depuis avril que la question des origines de ce coronavirus et le débat sur la dangerosité des expériences « gain de fonction » sont trop importants pour ne pas être abordés en profondeur – que cela plaise ou non à nos détracteurs. En attendant, huit mois après que nous ayons décrit l’hypothèse d’une fuite de labo comme un scénario crédible, des médias grand public tels que BFMTVLa Dépêche, Midi Libre, FranceTVInfo.fr, L’Express ou Le Parisien finissent par être du même avis. À l’aune du manque de transparence de Pékin, cette hypothèse ne sera probablement jamais confirmée ou infirmée. Dans tous les cas, nous nous réjouissons qu’elle soit enfin considérée comme une piste sérieuse chez nos confrères, et nous saluons les scientifiques français qui ont eu le courage de rouvrir ce débat certes épineux, mais d’une importance vitale

 

Maxime Chaix

 

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